Mars 2021
L’affirmation des spécificités nationales dans les dynamiques révolutionnaires des « printemps arabes » et leurs avatars incertains
Mondes arabes, dix ans après
RIS 121 – Printemps 2021
Alors que le déclin des identités, sinon des souverainetés nationales, était presque devenu un lieu commun à l’ère de la mondialisation triomphante, la dynamique partagée des « printemps arabes » de 2011 n’est pas parvenue à masquer la prégnance de spécificités nationales marquées ni la tentative nouvelle d’affirmation d’une identité nationale en construction, même dans les pays qui en avaient fait jusque-là l’économie, à l’instar des États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Arabie saoudite et Émirats arabes unis en tête. D’aucuns ont pu considérer qu’à cette occasion, l’idée d’« État-nation » arabe, dans son pluralisme géopolitique inhérent à l’iqlîmiyyat (régionalisme) affectant l’ensemble du monde arabo-musulman, prenait une vigueur nouvelle, par-delà l’échec historique du panarabisme nassérien. Et ce, alors même que s’était insensiblement imposée au fil des ans l’idée d’« États sans natio
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