Les travaux des intellectuels intègres sont nombreux, sérieux, étudiés, commentés. Ils ont constitué une véritable œuvre et mettent leur notoriété au service de causes qu’ils pensent justes. Ils ont un vrai statut d’intellectuels alors que les autres participent plus à une bulle politico-médiatique pouvant aider leur notoriété.
Non, il ne l’a plus. D’un certain côté, on peut s’en féliciter parce que les monopoles ne sont jamais bons. De l’autre, malheureusement, on ne distingue pas toujours le bon grain de l’ivraie.
Dans des débats passionnels, l’analyse plus fine a plus de mal à se faire entendre. On l’a vu avec la loi sur le mariage pour tous où deux France s’opposaient avec des arguments radicalement opposés. On préfère parfois des explications plus faciles.
Je suis moins pessimiste que Régis Debray, mais c’est en partie vrai. Auparavant, les responsables politiques lisaient les œuvres des intellectuels. Aujourd’hui, ils lisent la quatrième de couverture et regardent la téléréalité pour se sentir plus proches de leur base. Effectivement, il y a une perte d’influence des milieux intellectuels intègres par rapport à la classe politique, plus sensible aux arguments marketing des intellectuels faussaires.
Tous les chefs d’État consultent des intellectuels. Encore faut-il savoir ce qu’ils en retiennent. Les derniers présidents qui avaient véritablement le goût des choses intellectuelles ont été Pompidou et Mitterrand. Pour la classe politique actuelle, les intellectuels sont moins intéressants parce que le rapport au temps a changé. Désormais, il faut répondre immédiatement à des demandes de la société.
Non, parce qu’il n’a pas produit une œuvre. Être un responsable politique n’est pas infamant et ne pas être un intellectuel n’est pas anormal.
Certains le font très bien ! Les intellectuels ont cependant une fonction essentielle à la compréhension de la société : ils tentent de l’éclairer pour l’améliorer. Un monde sans intellectuels serait un monde moins satisfaisant, mais ils ne peuvent pas, à eux seuls, satisfaire tous les besoins de la société qui demande beaucoup plus.
