Éditos de Pascal Boniface
7 avril 2014
BeIN Sports/Canal Plus: la guerre se détend, le football français en sort gagnant
Elle donne surtout une perspective de moyen terme aux acteurs économiques que sont les clubs qui gagnent en visibilité. À eux de gérer intelligemment cette manne et de ne pas se lancer dans une inflation des salaires, mais de préparer l’avenir en termes d’infrastructures et de structures. À part le PSG et Monaco, tous les clubs professionnels ont réduit leur masse salariale.
Canal Plus, après avoir voulu établir un monopole en tuant la concurrence, (ce qu’il a réussi à faire avec TPS puis Orange) doit s’habituer à vivre avec BeIN Sports. La chaîne qatarie, de son côté, a accepté de faire un Yalta intelligent avec Canal, conservant des matchs attractifs pour le noyau dur de ses abonnés, complémentaires aux droits qu’elle va avoir sur les championnats étrangers et compétitions internationales, mais en n’empiétant pas sur le périmètre de Canal Plus, il évite l’accusation d’impérialisme. Canal avait fait une campagne agressive indiquant que BeIN Sports pouvait remettre en cause le financement du cinéma français en mai.
Cet accord évite également à Canal d’avoir un comportement schizophrénique, en lançant d’un côté des campagnes anti-Qatar, tout en se réjouissant de la nouvelle dimension du club dont il préempte systématiquement la diffusion des matchs. L’appel d’offre a été fait à un bon moment où, après des années de disette, le championnat français devient plus attractif. Les droits à l’étranger vont sans doute augmenter.
Sur fond de morosité et de crise économique, la concession des droits est un beau succès. Rappelons que le football professionnel représente 25 000 emplois directs ou indirects et que 5 % des sommes perçues sont reversés au football amateur.